Diagnostique Génétique Pré-implantatoire
Lorsqu'il existe des antécédents familiaux de maladies génétiques ou chromosomiques transmissibles, il peut être très utile de connaître l'existence de la maladie dans les cellules précurseurs (ovocytes) ou dans l'embryon lui-même avant que la femme ne soit enceinte (avant le transfert de l'embryon dans l'utérus). Dans les cas où c'est possible, on emploie les techniques dites de Diagnostique Génétique Pré-implantatoire, qui s'effectuent obligatoirement dans le cadre de programmes de fertilisation in vitro puisque, pour obtenir le matériel génétique qui sera étudié, des techniques de laboratoire de Reproduction Assistée sont nécessaires.
Le diagnostique peut être obtenu de deux manières différentes :
Diagnostique Génétique Pré-implantatoire en utilisant des préembryons
On étudie les embryons avant leur transfert dans l'utérus. Il est réalisé au laboratoire, après la fécondation in vitro, au moment où les embryons se trouvent dans la phase de 4 à 8 cellules. Cette technique permet de sélectionner et de transférer dans l'utérus maternel uniquement les embryons diagnostiqués comme normaux.
La patiente candidate, après avoir été informée comme il convient et après avoir accepté d'être incluse dans un programme de fertilisation in vitro, est soumise à induction hormonale pour stimulation folliculaire. Tous les ovocytes matures récupérés sont inséminés dans le but d'obtenir des embryons. Au bout de 24 heures, on effectue une biopsie de chacun des embryons réunissant les conditions adéquates et on obtient une de ses cellules avec un micromanipulateur. Les embryons sont codifiés et maintenus dans un incubateur pendant toute la durée du processus d'étude.
Les cellules obtenues sont préparées dans des conditions spéciales et leur matériel génétique est étudié, ce qui permet de savoir si l'embryon dont elles proviennent est affecté ou non par la maladie. Une fois que l'on connaît la situation de chacun des embryons, on sélectionne ceux qui ne sont pas atteints par la maladie, qui seront utilisés pour le transfert dans l'utérus de la femme. Les embryons affectés doivent, dans ce cas, être exclus.
Diagnostique Préconceptionnel en utilisant des ovocytes
Dans le cas du diagnostique génétique pré-implantatoire en utilisant des embryons, le partenaire doit assumer le fait que pour obtenir une grossesse exempte de la maladie, il faut sélectionner les embryons qui sont sains, ce qui implique nécessairement l'exclusion des embryons affectés.
Pour cette raison, il est souhaitable d'obtenir le diagnostique de ces pathologies génétiques ou chromosomiques avant même que l'embryon ne se forme, ce à quoi on parvient à travers le diagnostique préconceptionnel qui emploie les gamètes femelles (les ovocytes). On utilise pour cela une cellule concrète que possède l'ovocyte, que l’on appelle deuxième corpuscule polaire. Cette technique ne peut pas être employée avec le spermatozoïde, par conséquent son emploi reste limité à la pathologie héréditaire d'origine maternelle.
Les couples candidats sont ceux dont la femme est porteuse d'une réorganisation chromosomique, principalement des translocations réciproques et robertsoniennes, après confirmation du caryotype normal du partenaire masculin de la patiente. Cette technique permet d'obtenir des corpuscules polaires avec une bonne morphologie chromosomique pour les étudier dans un pourcentage de l'ordre de 94'1%.
Tous les ovocytes matures de la patiente sont traités en vue de leur examen génétique. Pour cela, on effectue une biopsie du corpuscule polaire, moyennant l'utilisation d'un micromanipulateur (en réalisant une ouverture minuscule dans la zone pellucide qui l'entoure). Les ovocytes biopsiés sont codifiés comme il convient et maintenus dans un incubateur. Pour garantir le résultat, avant de procéder à chaque diagnostique préconceptionnel, il est important de tester les réactifs (dénommés sondes) dans une préparation de lymphocytes de la propre patiente (cellules sanguines).
Une fois les ovocytes normaux identifiés, ils seront inséminés au moyen d'une microinjection intracytoplasmique d'un spermatozoïde (ICSI). Les embryons résultants seront, par conséquent, tous ceux qui sont aptes au transfert, de sorte qu'aucun n'est à exclure et qu'il est possible de congeler ceux qui ne sont pas employés afin de les utiliser ultérieurement.